Steven Pelé, ici au contact, sera suspendu lundi à Lens. Le possible retour de Grégory Paisley tomberait à pic pour le Racing. Photo Jean-Marc Loos
Invaincu depuis 6 journées (16 points sur 18) et fort de 5 succès de rang, le RCS mise autant sur sa propre capacité à rester concentré que sur un essoufflement de ses poursuivants.
Personne ne l'avouera ouvertement au sein du Racing, mais la première chose que se sont dite les Strasbourgeois dimanche après l'ardue victoire contre Ajaccio (3-1) devait ressembler à peu près à cela : « Une bonne chose de faite ! » Car aucun des Strasbourgeois, certes désireux de rester concentrés sur leurs propres performances, ne pouvait ignorer que Montpellier s'était rapproché à deux longueurs en écartant Clermont vendredi (2-1). En reprenant leurs aises et leurs distances — 5 points — avec les Montpelliérains, les Bleus se sont redonné le joker qu'ils étaient allés chercher neuf jours plus tôt à la faveur d'un succès un brin miraculeux à Troyes (2-1). Un rien anxieux avant la venue d'une formation corse qui n'avait plus perdu depuis 7 journées, le président Philippe Ginestet reconnaît que ce 30e rendez-vous était « important. Parce qu'on est dans le money-time, avec une série de matches difficiles à venir. »
« Ce qui libère nos esprits, ce sont nos cinq points d'avance sur le 4e »
À défaut d'effrayer, le programme du RCS a effectivement de quoi interpeller. D'ici au 29 mai, Guillaume Lacour et ses partenaires se rendront à Lens, puis Tours (7e), accueilleront Metz (dauphin de L2 qu'ils devancent au goal-average après le 0-0 d'Amiens - Lens d'hier), se déplaceront à Guingamp (12e), recevront Amiens, iront à Boulogne (5e), affronteront Reims à la Meinau, avant de se consacrer, pour le baisser de rideau, à une périlleuse expédition à Montpellier (4e). Soient 3 réceptions et 5 déplacements (dont 4 chez des adversaires du Top 7).
« Les garçons ont su puiser dans leurs ressources pour arracher la victoire », se réjouit le patron du Racing. « Sur le plan comptable, c'est une très bonne opération. Mais les choses peuvent aller très vite. Il faut que les joueurs gardent à l'esprit et dans le c½ur la rage qui doit être la leur de fuir la L 2 le plus vite possible. »
L'enjeu sportif est connu de tous. Son corollaire financier est « colossal », pour reprendre les propos de Jean-Marc Furlan à chaud dimanche. « Depuis deux mois et demi (Ndlr : 22 points en 12 journées), nous faisons un très bon parcours. La priorité est de rester concentrés sur ce parcours, pas sur celui des autres. Mais on sait que dans une situation de ce genre — je l'ai vécu à Troyes quand Strasbourg était à nos trousses en 2005-2006 — il est souvent décisif de faire la course devant. Aujourd'hui, au-delà de nos cinq succès, ce qui libère nos esprits, ce sont nos cinq points d'avance sur le 4e. Nous avons l'esprit léger pour disputer des rencontres très agréables à Lens, Tours et contre Metz. »
Sans se focaliser sur son programme chargé du dernier mois et demi de compétition, le RCS mise à la fois sur sa capacité à garder le cap et sur l'éventuel essoufflement de la concurrence. Stéphane Cassard n'a cependant pas manqué de relever que les Strasbourgeois se sont « mis en danger tout seuls » contre Ajaccio. « Notre premier adversaire, c'est nous. En ce moment, nous sommes très réalistes et dans une bonne dynamique. Mais dès que nous sommes moins concentrés, nous souffrons. Nous l'avons vu face à l'ACA. Or, quand on est dans la dernière ligne droite, il ne faut surtout pas se relâcher. Nous ne nous préoccupons que de nous, en sachant néanmoins que lorsque l'on court après les autres, ça devient de plus en plus difficile. »
Avant le grand huit qui doit, si tout va bien, le conduire à l'étage supérieur, le Racing garde donc les pieds solidement ancrés au sol. C'est peut-être le plus sûr moyen d'aller haut.